Le 2e greffé français de la face a découvert son nouveau visage
PARIS (AFP), 15:45 © AFP Une équipe de chirurgiens opèrent dans un des blocs de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil
Le jeune homme opéré le 21 janvier dernier de la partie basse de la face (bouche-nez) a découvert vendredi son nouveau visage, selon le quotidien Le Parisien samedi.
"C'était un moment très intense pour tous les deux", a déclaré au journal le professeur Laurent Lantiéri, chef de service de chirurgie plastique et reconstructrice au CHU Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) qui a réalisé cette transplantation de la "partie basse de la face, ou triangle bouche-nez.
Le jeune homme de 27 ans souffrait d'une maladie incurable déformant son visage. "Il a embrassé le chirurgien et a déclaré qu'il se trouvait beau", rapporte le Parisien.
"Malgré la joie de toute l'équipe, il a cependant fallu calmer les ardeurs de notre patient. Même si le résultat est bluffant, rien n'est gagné", a précisé le Pr Lantiéri.
Interrogé par l'AFP, le chirurgien précise qu'il faudra "3 à 4 mois avant d'espérer un mouvement". "Nous avons rebranché les nerfs, mais un nerf pousse seulement d'un mm par jour, et il y a environ 7 à 8 cm entre le dessous de l'oreille et la commissure des lèvres", observe le Pr Lantiéri.
"Un test neurologique doit être fait" d'ici 3 à 4 semaines pour tester la manière dont ces nerfs réagissent, ajoute-t-il.
Le jeune homme devra suivre plusieurs mois de rééducation avant de récupérer toute la motricité de son visage.
"Il va aussi bien que possible, il n'y a aucun signe de rejet, il mange et il peut parler", se félicite le professeur Lantiéri.
Pour que le greffé puisse regarder son visage dans la glace, il a fallu lui raser la barbe, rapporte Le Parisien. Cette barbe, qui a poussé sur le greffon et non sur la peau d'origine, est une preuve de la réussite de l'opération. L'analyse des poils de la barbe montre que l'ADN est celui du donneur, et non celui du patient. "A ce jour, on ne sait pas ce qui va se passer avec le temps", a indiqué le chirurgien. "Est-ce que ces poils resteront identiques? Ou est-ce qu'un +chimérisme+, c'est à dire un mélange entre les cellules du donneur et du receveur, va se produire", s'interroge le médecin.
"En tout cas, il s'agit de sa barbe et de son visage", insiste le chirugien.
L'équipe du Pr Bernard Devauchelle avait réalisé le 27 novembre 2005 à Amiens la première greffe mondiale du triangle nez-lèvres-menton sur Isabelle Dinoire, âgée de 38 ans, défigurée par son chien. |